L’idée d’un tiers-lieu santé-bien-être dans le Gers avec des médecins généralistes est bien celle qui nous enthousiasme depuis 3 ans à La Galvane. Mais, c'est quoi un tiers-lieu ?
Les tiers-lieux c'est un peu nos territoires et des collectifs privés et publics qui réinventent le vivre-ensemble. Pendant longtemps, notre quotidien s'est organisé et s'organise encore en majorité autour de deux grands espaces : la maison et le travail. Entre ces deux univers il existe parfois des cafés, des associations, des bibliothèques ou des salles communales, mais ces lieux occupent souvent une place secondaire dans nos vies. L'émergence des "tiers-lieux" vient alors opérer à un changement dans nos systémies.
Origine et avènement des tiers-lieux
Depuis une trentaine d'années, une autre vision émerge. Celle des « tiers-lieux », des espaces hybrides où l'on peut à la fois travailler, apprendre, créer, échanger, se former, entreprendre ou simplement rencontrer d'autres personnes. Aujourd'hui, ils fleurissent dans les grandes villes comme dans les villages ruraux et participent à transformer nos territoires. Cependant, il serait réducteur de limiter les tiers-lieux en 2026 au coworking. Des tiers-lieux culturels, artistiques, nourriciers, de cohabitat, etc. ont aussi vu le jour et le tiers-lieu de santé semble aussi se révéler comme une nouvelle opportunité territoriale et sociale, voire même expérimentale.
Pourquoi un tel succès ?
Et quelles sont leurs limites ?
Une idée née bien avant le coworking
Le concept de tiers-lieu apparaît à la fin des années 1980 sous la plume du sociologue américain Ray Oldenburg. Selon lui, une société équilibrée repose sur trois espaces complémentaires :
- le domicile,
- le lieu de travail
- et un troisième espace favorisant les échanges informels, la convivialité et la vie collective.
À l'époque, il pense surtout aux cafés, aux places de village, aux librairies ou aux clubs associatifs. Des lieux où l'on se rencontre librement, sans obligation particulière.
Internet et une évolution sociétale
Avec l'arrivée d'Internet, du télétravail et de l'économie collaborative, cette idée va progressivement évoluer. Les tiers-lieux deviennent alors des espaces capables d'accueillir des activités multiples : coworking, fabrication numérique, ateliers participatifs, innovation sociale, culture, formation ou encore transition écologique.
Un phénomène mondial
Aujourd'hui, les tiers-lieux existent sous des formes très diverses à l'image de leurs territoires et aussi des collectifs qui initient de tels espaces hybrides. Voici quelques exemples concrets :
- À Berlin, ils accueillent des entrepreneurs, des artistes et des chercheurs dans d'anciens bâtiments industriels réhabilités.
- À Montréal, certains tiers-lieux mêlent innovation sociale, agriculture urbaine et accompagnement des habitants.
- Aux Pays-Bas, d'anciens bâtiments publics sont transformés en espaces de services mutualisés où se côtoient associations, professionnels et citoyens.
Partout, la logique reste la même :
créer des espaces ouverts où les ressources sont partagées et où les habitants peuvent devenir acteurs de leur territoire.

La France, l'un des pays les plus dynamiques d'Europe
Depuis une dizaine d'années, la France est devenue l'un des laboratoires européens les plus actifs dans le domaine des tiers-lieux. Cette dynamique s'explique notamment par plusieurs facteurs : le développement du télétravail, la recherche de nouveaux modèles économiques locaux, la revitalisation des centres-bourgs et l'envie croissante de recréer du lien social.
Aujourd'hui, on trouve des tiers-lieux dans des contextes très variés :
- dans un ancien presbytère devenu espace de coworking en milieu rural.
- dans une gare réhabilitée accueillant un café associatif et des activités culturelles.
- dans une ancienne usine transformée en laboratoire citoyen.
Ou encore dans des espaces dédiés à la santé, au bien-être ou à la transition écologique.
L'objectif n'est PAS simplement d'occuper un bâtiment.
Il s'agit de créer un lieu vivant capable de répondre à des besoins locaux souvent mal couverts.
Des tiers-lieux qui répondent à des besoins très concrets
Imaginez une commune rurale où le dernier commerce a fermé il y a plusieurs années. Les habitants doivent parcourir plusieurs kilomètres pour travailler, se former ou participer à des activités culturelles. Dans ce contexte, un tiers-lieu pourrait devenir un véritable point d'ancrage local.
- Le matin, des télétravailleurs y utilisent des bureaux partagés.
- L'après-midi, une association organise un atelier numérique pour les seniors.
- Le soir, une conférence ou un concert réunit les habitants.
Le même espace devient alors à la fois bureau, salle de réunion, lieu culturel et espace de convivialité. Cette polyvalence constitue l'une des grandes forces du modèle.
Pourquoi les tiers-lieux séduisent-ils autant ?
Leur succès repose sur plusieurs tendances de fond. La première est la recherche de proximité. Beaucoup de citoyens souhaitent retrouver des services accessibles près de chez eux. La seconde concerne le besoin de lien social. Dans une société où l'isolement progresse, notamment chez les personnes âgées ou les jeunes trop captivés par les écrans; mais aussi chez certains actifs en télétravail, les tiers-lieux offrent des occasions de rencontres réelles. Enfin, ils permettent souvent de mutualiser des ressources. Un bâtiment, des équipements ou des compétences peuvent être partagés entre plusieurs structures plutôt que dupliqués.
Pour les collectivités locales, c'est également un moyen de redonner vie à des bâtiments vacants tout en renforçant l'attractivité du territoire.

Un modèle prometteur mais aussi fragile
L'image positive des tiers-lieux ne doit toutefois pas masquer certaines difficultés. Voici les principaux défis constatés.
Un premier défi économique
Contrairement à une entreprise classique, un tiers-lieu combine souvent plusieurs activités dont certaines sont peu rentables. La location d'espaces, les événements, les formations ou les services proposés doivent souvent être complétés par des financements publics ou des partenariats. En 2026, les organismes qui acccompagnent les tiers-lieux tendent à insister sur un modèle économique viable, pertinent et réaliste. C'est, en effet, un véritable enjeu que de vouloir allier engagements socio-environnementaux et rentabilité pour pérenniser le tiers-lieu suffisamment.
Sonia, Présidente de La Galvane est témoin de ce défi à prendre au mieux à compte suite à son accompagnement réalisé auprès d'Alter Incub Pyrénées Occitanie, dispositif régional. Depuis 2024, les subventions ont drastiquement chutées. C'est même l'un des pourquoi certains tiers-lieux ont fermé, car leur modèle économique était potentiellement trop dépendant des subventions.
Un triste constat que de ne plus avoir accès à des subventions pour faire vivre ces lieux vivants, et en même temps ce constat rappelle que le modèle économique doit de nos jours aussi inclure une rentabilité certaine. Nous percevons ces diminutions des subventions aussi comme une opportunité pour réunir un collectif qui ne dépendra pas de trop à des aides gouvernementales et répondre à des besoins et souhaits pour lesquels les personnes seront prêtes à payer un prix juste.*
*Attention, en matière de santé et de sélection des médecins nous mettons un point d'honneur à attirer des médecins conventionnés. Nous faisons plutôt ici écho aux autres activités bien-être et sociales qui devront être étudiées aux prix justes tout en conservant une part associative plus accessible aux personnes qui on peu de moyens.
Sonia qui a un Master 2 en Marketing Stratégique et Innovant peut alors mettre en oeuvre ses compétences faites à la fois de créativité et de rigueur au coeur de notre projet de tiers-lieu santé et bien-être LA GALVANE à Auch ou dans le Gers.
Pour aboutir un tel modèle économique, notre association 1901
a aussi clairement besoin de plus compétences.
(Compétences en bénévolat à ce jour, on précise ;)

Un second défi de la gouvernance
Faire cohabiter des habitants, des associations, des entrepreneurs, des collectivités et parfois des professionnels de santé demande beaucoup de dialogue et de coordination. Enfin, un tiers-lieu n'est pas automatiquement un succès. Un bâtiment rénové ne devient pas spontanément un lieu de vie. Sans animation, sans projet collectif et sans implication des habitants, le risque est de créer une belle coquille vide.
Durant son parcours Alter Incub à Toulouse, Sonia a été sensibilsée à l'intelligence collective, au Co Développement et à la facilitation. Nous avons donc bien conscience qu'un facilitateur ou que des formations pour le collectif sera nécessaire à l'évolution de ce projet, à sa concrétisation et surtout à sa pérennité.
Défis de gouvernance et de communication
Pour info, Sonia était déjà sensible à de telles initiatives collectives et aux tiers-lieux, avant 2023.
- Elle a suivi certains discours de Pierre Rabhi et du Mouvement Colibris qu'il a porté jusqu'à sa mort. Un documentaire sur ces collectifs "Colibris" avait notamment été diffusé sur Arte ou France 5 il y a quelques années et Sonia l'avait visionné.
Dans ce documentaire, des équipes témoignaient de la difficulté de la gouvernance. Cela peut s'expliquer parce que nos générations entre la trentaine et plus âgées, n'ont pas vraiment appris (pour beaucoup de personnes) à communiquer mais plus à parler sans vraiment s'écouter, sans vraiment arriver à s'entendre. Et ça en créé des conflits, des incompréhensions ou des malentendus, et même dans nos vies privées, n'est-ce pas ?
Voir que même ces personnes du Mouvement Colibris, pourtant renommé en France, pouvaient faire preuve d'une telle transparence et humilité face à un tel enjeu fut une forme de soulagement pour Sonia. Soulagement, dans le sens que ce n'est effectivement pas évident de "créer et grandir ensemble". Puis, en même temps, c'est la preuve que cet aspect de gouvernance devra être au mieux cadré et encadré.
Par conséquent, un objectif sera de pouvoir trouver des ententes, des voies du milieu pour avancer ensemble avant tout pour le projet collectif et pas pour satisfaire un ou plusieurs egos....
- Sonia avait aussi découvert des tiers-lieux en lien avec le secteur de la mode durable et de l'industrie textile. En effet, entre 2015 et 2024 Sonia a été engagée pour "un futur meilleur pour la mode et l'habillement". Un défi de taille sur le plan socio-environnemental notamment, et même sanitaire vu l'utilisation accrue de la pétrochimie et de pesticides pour augmenter encore et encore la productivité... Sonia avait aussi eu l'opportunité de collaborer avec des labels de renom de la mode durable, notamment Parisiens, ainsi que des marques et des créateurs·trices de France et de l'étranger, tous et toutes portés par des valeurs éthiques et éco-responsables. Certaines de ces personnes forts inspirantes occupaient déjà des tiers-lieux et Sonia était toujours fascinée par de telles forces collectives, tout comme d'ailleurs par Kanopé à Auch ou La Bobine, L'Abri des Possibles, etc.
Il existe aussi des pépites Gersoises de collectifs engagés et au service, nous sommes d'accord !

Vers une nouvelle génération de tiers-lieux ?
À l'heure actuelle, une nouvelle étape semble se dessiner. Après les tiers-lieux orientés travail et innovation, émergent progressivement des lieux consacrés à des enjeux essentiels du quotidien : alimentation, transition écologique, vieillissement, santé ou bien-être.
Cette évolution traduit une transformation profonde de notre société. Les citoyens ne recherchent plus seulement des services. Ils recherchent aussi des espaces où les individus peuvent participer, apprendre, s'entraider et construire ensemble des réponses adaptées à leur territoire.
Les tiers-lieux ne résoudront pas à eux seuls les défis sociaux, économiques ou environnementaux des prochaines décennies. Toutefois, ils offrent une piste particulièrement intéressante : celle de lieux capables de recréer du lien, de la coopération et de la proximité dans un monde, une société contemporaine trop souvent fragmenté...
Et les tiers-lieux de santé et bien-être ?
Et la vision de La Galvane ?
Enfin, parmi ces nouvelles générations de tiers-lieux, ceux dédiés à la santé pourraient bien jouer un rôle majeur dans les années à venir. La prévention primaire ou secodnaire, la santé sociale et la santé mentale du Grand Public font partie intégrante de la santé globale.
- Et si valoriser, informer et sensibiliser à ces versants de la santé soulageait aussi intrinsèquement le corps médical et le secteur de la santé publique en tension en France (ce secteur semblant bien plus spécialisé autour du corps, des maladies et des traitements pharmaceutiques) ?
L'association 1901 La Galvane croît en ce projet audacieux et ambitieux de tiers-lieu santé (bien-être, partages et prévention santé mentale) à Auch ou alentours.
Nous espérons attirer, fédérer et rassembler des particuliers comme des professionnels et des institutionnels autour de telles valeurs sur et pour notre territoire du Gers.
Objectif : se rassembler pour rendre plus concret une telle ambition !
Envie de soutenir ce projet ou de t'y investir ?
Tu peux nous soutenir de différentes façons :
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• Nous faire un don, même de 1 €, parce que nous avons des frais d’assurance et bancaires à assumer et à ce jour, nous ne menons pas d’action rémunératrice.
Sens-toi libre de nous contactez-nous par e-mail à lagalvane.asso@gmail.com si tu souhaites t'investir que tu sois professionnel de santé, association, pro du bien-être ou particulier.
Précision sur nos disponibilités :
Nous avons établi une permanence LES MERCREDIS pour gérer l’association 1901 La Galvane. Nos membres étant tous bénévoles et en activité professionnelle, nous avons fait le choix de nous investir seulement un jour par semaine pour l’instant pour développer l’asso. Une forme de « Slowlifestyle » plus respectueux de notre bien-être mental et global. De quoi éviter de répéter l’adage « le cordonnier le plus mal chaussé » … Nous prendrons alors le temps de vous lire et de vous répondre les mercredis
Merci et à très vite,
L’équipe de l’association La Galvane
Depuis le département du Gers où il fait mieux vivre plus au ralenti,
Crédit photos : Canva, Pexels
