20 ans sous emprise du père de mes enfants et nouvelle vie

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Découvrez ce témoignage de résilience après 20 ans sous emprise conjugale et une reconstruction, même amoureuse heureuse, depuis 7 ans.

Pour la Galvane aujourd'hui, Karine partage son vécu de femme qui après 20 ans sous emprise du père de ses enfants a su se reconstruire pas à pas. Un témoignage touchant, riche en résilience et en espoir d’un renouveau possible pour toutes ces femmes concernées par de telles relations difficiles à vivre et aussi à s’en sortir pour oser on l’espère se reconstruire… Le sujet de la parentalité et des enfants revient naturellement tout comme celui de la reconversion professionnelle après des épreuves de vie.


Partager son vécu : des mots sur des maux

Je peux me dis Bravo !

Pendant longtemps, je n’aurais jamais imaginé écrire ces mots.

J’ai vécu près de vingt ans dans une relation d’emprise. Une emprise qui ne s’est pas installée brutalement, mais doucement, presque silencieusement. Au début, il y a des petites remarques. Des phrases qui vous font douter. Puis des reproches, des jugements. Peu à peu, on finit par se demander si l’on exagère, si l’on est trop sensible, si le problème ne vient pas de nous. Sans même s’en rendre compte, on apprend à se taire. À éviter les conflits. À anticiper les réactions de l’autre. On marche sur des œufs.

 

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Tenir pour ses enfants

Pendant longtemps, j’ai tenu. Pour mes enfants. Parce que lorsqu’on est parent, on veut protéger, préserver, maintenir un semblant d’équilibre.

 

Mais les enfants ressentent tout.

 

Quand l'enfant devient déclic

Ma fille aînée a été l’une des premières à mettre des mots sur ce que nous vivions. Un jour, avec une lucidité bouleversante pour son âge, elle m’a regardée et m’a dit : « Maman, il faut que tu partes maintenant. »

Cette phrase a résonné profondément en moi. Comme si quelqu’un venait enfin ouvrir une porte que je n’osais pas franchir. Partir n’a pas été simple. Il y avait la peur, l’incertitude, les questions. Mais je savais au fond de moi que c’était la seule voie possible pour nous.

 

Le corps messager peu écouté quand l'esprit est tourmenté

Avec le recul, je comprends aussi que mon corps essayait déjà de me parler depuis longtemps. Pendant des années, j’ai souffert de migraines extrêmement violentes, souvent accompagnées de vomissements. Elles apparaissaient très fréquemment le week-end… au moment où la tension était la plus forte. À l’époque, je ne comprenais pas vraiment ce qui se passait. Aujourd’hui, je sais que mon corps et mon cerveau étaient en état d’alerte permanent, comme en mode survie.

 

Lorsque l’on vit longtemps sous emprise, on développe une forme d’hypervigilance. On anticipe les réactions, on surveille les signes, on ajuste ses paroles et ses comportements pour éviter les conflits. Le système nerveux reste constamment en alerte.

 

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Un chemin de résilience

J’ai quitté cette relation en me battant pour mes deux enfants et pour retrouver une vie plus saine. Mais la sortie de l’emprise ne marque pas toujours la fin du chemin. Paradoxalement, c’est parfois après que tout s’effondre.

Malgré des répliques possibles à accueillir

Quelques années après notre départ, lorsque nous avons enfin été en sécurité émotionnelle, j’ai plongé dans une dépression très profonde. Comme si tout ce que j’avais retenu pendant des années remontait d’un coup. À ce moment-là, deux chemins s’offraient à moi : continuer à sombrer et ne plus jamais remonter… ou essayer de me relever.

J’ai choisi de me relever.

 

Se relever en tant que femme

Peu à peu, j’ai cherché à comprendre ce que j’avais vécu. Comprendre l’humain, ses mécanismes de défense, ses blessures invisibles. La psyché humaine me fascine : elle est capable du pire comme du meilleur. Elle peut être sombre… mais elle possède aussi une capacité de résilience incroyable.

et s'accomplir différemment

Dans ce chemin de reconstruction, je n’ai pas avancé seule. Même si, au départ, je n’en voyais pas vraiment l’intérêt, un suivi psychologique m’a été d’une aide précieuse. Parler à une inconnue me semblait étrange au début. Et pourtant, j’y ai trouvé un espace sécurisant, un lieu où déposer ce qui était trop lourd à porter seule, un endroit où je pouvais enfin m’exprimer librement.

Mais au-delà des mots, certaines choses étaient impossibles à dire. Certaines blessures ne trouvent pas leur chemin dans le langage. C’est là que l’art-thérapie a pris tout son sens pour moi. Une manière de m’exprimer autrement, de laisser sortir ce qui ne pouvait pas se dire. Une façon d’exprimer les maux autrement que par les mots.

revenir à soi, à son corps après une emprise

La méditation m’a également beaucoup aidée. Apprendre à apaiser le flot incessant des pensées, revenir au corps, s’offrir des temps d’introspection profonds. Peu à peu, cela m’a permis de regarder le monde différemment. La pleine conscience nous rappelle aussi quelque chose d’essentiel : le monde qui nous entoure est magnifique… il suffit parfois simplement de ralentir pour s’y attarder dans ce quotidien qui va si vite.

Le yoga que j’ai pratiqué seule grâce à des vidéos en ligne m’a aussi aidé à remettre du mouvement dans mon corps au moment où je ne voulais plus sortir de chez moi. Un temps pour prendre soin de moi en douceur et à mon rythme.

 

Enfin, le soutien de mes proches a également joué un rôle crucial dans cette période tourmentée. Mon compagnon, mes parents et mes enfants ont été des présences précieuses, des appuis solides dans les moments où tout semblait vaciller. Leur amour et leur confiance ont contribué, eux aussi, à ce chemin de reconstruction.


Mon rôle de maman aussi déterminant

Dans ce chemin de reconstruction, mon rôle de mère a aussi été déterminant. Mon fils, atypique et porteur de troubles neurodéveloppementaux, a lui aussi traversé un parcours scolaire difficile. Comme beaucoup d’enfants différents, il s’est parfois senti incompris, découragé, abîmé dans sa confiance. L’accompagner m’a amenée à chercher, à lire, à me former, à explorer d’autres manières d’aider les enfants à apprendre et à se comprendre. J’ai découvert combien les émotions, le corps, la confiance en soi et la manière d’apprendre sont profondément liés.

 

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De l'emprise conjugale au renouveau pro

C’est ainsi que je me suis tournée vers une reconversion professionnelle pour accompagner les enfants et les adolescents en difficulté scolaire ou émotionnelle, ainsi que leurs parents. 

De l'emprise conjugale à l'amoureuse heureuse

Sur ce chemin de reconstruction, une rencontre a aussi compté. Celle de mon compagnon actuel, avec qui je partage ma vie depuis sept ans. Sa présence m’a aidée à reconstruire, petit à petit, un sentiment de sécurité intérieure.

Aujourd’hui, les migraines ont presque disparu. Mon corps parle encore parfois, mais différemment : ce sont plutôt des céphalées lorsque mes émotions deviennent trop fortes et que je ne les écoute pas assez. Et cela me rappelle quelque chose d’essentiel : notre corps garde la mémoire… mais il peut aussi nous guider vers la guérison.

 

Acceptation, pardon et changement de perceptions

Avec le temps, j’ai aussi appris quelque chose d’essentiel : le pardon.

 

Je pardonne à ceux qui m’ont fait souffrir. Non pas pour ce qu’ils m’ont fait vivre. Mais parce que ce chemin, aussi douloureux a-t-il été, m’a aussi permis de devenir la femme que je suis aujourd’huiUne femme plus consciente, plus libre, et profondément tournée vers l’accompagnement des autres.

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Mon souhait pour vous qui me lisez

Si je partage ce témoignage aujourd’hui, c’est pour rappeler une chose simple : ce que vivent les personnes sous emprise est réel, même lorsque cela ne se voit pas de l’extérieur. On ne choisit pas toujours ce qui nous arrive. Mais on peut choisir ce que l’on en fait. Et parfois, des blessures les plus profondes naissent les plus belles graines de transformation.

Et la reconstruction est possible.

Elle demande du temps, du soutien… et beaucoup de douceur envers soi-même.

 

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Merci et à très vite,
L’équipe de l’association La Galvane
Depuis le département du Gers où il fait mieux vivre plus au ralenti, 

 

Crédits photos : Pexels

  • Photo de Roman Biernacki: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/mode-homme-bikini-couple-16598559/
  • Photo de Alexander Mass: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/photographie-de-portrait-intime-en-noir-et-blanc-36103805/
  • Photo de cottonbro studio: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/un-couple-qui-se-fait-un-calin-6800019/
  • Photo de Thirdman : https://www.pexels.com/fr-fr/photo/homme-couple-femme-porter-8923898/

 

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