Passer de l’amnésie traumatique avec SPT (Stress Post Traumatique) au mieux-être ne semble pas si évident. On pourrait se dire qu’en effet dépasser un traumatisme est difficile, mais ici, je partage plutôt un vécu peu évident en matière de parcours de soin, d’orientation sereine pour retrouver un mieux-être durable.
J’ai été prise en charge à la fois par des médecins conventionnels et par des praticiens avec des outils de développement personnel. J'ai même découvert des approches que je n’aurai jamais imaginé pratiquer un jour comme l'énergétique. Ces expériences que je trouve finalement complémentaires m’ont beaucoup servies. Cependant, j'aurai aimé une forme d’encadrement, d’écoute parfois plus empathique et de conseils plus ouverts et avisés pour coordonner une telle reconstruction sur plusieurs années.
Voici mon partage de vécu !
De l’amnésie traumatique au mieux-être : mon histoire
Passer d’une amnésie traumatique avec SPT au mieux-être, c’est toute une histoire, selon moi. Il y a d’abord l’histoire de la femme que j’étais et qui n’avait aucune conscience d'avoir vécu une violence sexuelle quand elle était très jeune enfant. Je n'avais aucun souvenir mental * d’avoir subi un tel abus. Puis, il y a aussi la femme qui du haut de ses 36 ans vit le retour de ce souvenir au conscient. Un retour de ce souvenir que j’ai essentiellement vécu par mon corps et qui a ressemblé à une très forte crise de panique presque délirante. Entre sensation de panique dans mon ventre, tremblements dans mes jambes qui rougissaient et images comme des flashs dégoûtants et déroutants sur l’instant, j'ai cru mourir en cette soirée de 2022.
*Je précise que je parle bien d'un souvenir traumatique déroutant sur l’instant, car ce fut aussi du soulagement quelques heures plus tard après m'être posée et reposée. Cette crise de panique et révélation de ce passé si bien caché fut comme si ma vie dont certaines situations passées ainsi qu'une forme d’hypersensibilité, d’hyperactivité et d’hyper vigilance faisaient aussi enfin sens. Je n'étais pas un problème ou une énigme à résoudre. J'étais juste une personne, une humaine, avec des parts vulnérables refoulées, très inconscientes à me réapproprier.
Qui-suis-je en étant aussi une #metoo ?
J’ai passé 3 jours à me reposer après cette soirée de 2022 où j'ai découvert que la petite fille d'autour de 3 ans que j'étais avait été sexuellement abusée, violée. J'ai pris le temps de récupérer et de prendre un certain recul face à des questions qui m’avaient traversé (torturé) l’esprit :
- « Qui suis-je vraiment, si j’ai vécu une telle horreur enfant ? »
- « Est-ce que je me connais vraiment ? »
- « Est-ce que cette révélation tout autant atroce que libératrice change l’identité que j’avais construite pendant plus de 30 ans ? »
- "Est-ce que je suis sale ?" "Je ressens de la honte !".
Ah la la nos ruminations ! Puis, en même temps, je ne sais pas comment ont réagit d’autres personnes qui auraient vécu une expérience similaire, mais je reste convaincue que ce processus mental était en fait juste et nécessaire. Ces questions ont posé les bases de ma reconstruction, pas à pas, en douceur et avec cet amour de moi à rebâtir ainsi que cet amour de la Vie, quelle qu'elle fut et quelle qu'elle soit, à ne pas perdre de vue.

Amnésie mentale plutôt que corporelle ?
J’ai parlé de souvenir mental ou d’amnésie mentale pour être plus juste, car avec du recul, mon corps témoignait d’un traumatisme. Mon corps était en hyper vigilance, il était contracté.
- Un médecin qui devait me faire une échographie du ventre m’avait même demandé si je faisais des séances d’abdominaux quotidiennes. Je n’en faisais pas.
- Un kinésithérapeute m’avait dit à mes 15 ans que j’avais le dos super musclé. Il forçait pour me masser. Je faisais de l’équitation, mais pour lui ça n’expliquait pas ce dos aussi dur.
- Ces professionnels de santé que j’ai consultés au tout début des années 2000 avaient-ils des compétences pour reconnaître de l’hyper vigilance ?
Je ne suis pas médecin, mais j’ai l’impression que ces moments témoignent de ce corps qui n’était pas « trop musclé » ou « trop dur », mais plutôt trop rigide, trop rigidifié, trop en mode protection ?
Enfin, je ne parle pas vraiment de guérison ici, car ce n’est pas une maladie que d’être victime d’un traumatisme causé par autrui même si les troubles corporels, émotionnels, et même identitaires suite à de tels événements restent bien réels. Il n'y a pas vraiment de moment où on peut constater : "ok, tout est oublié, je suis une nouvelle personne !". C'est plutôt "guérir = vivre avec certaines vulnérabilités et être capable de rebondir plus sereinement et avec plus de conscience que par le passé".
Mon cheminement vers plus d’acceptation
J’ai eu la chance d’être vraiment bien accompagnée suite à cet événement où j’ai retrouvé la mémoire de ce traumatisme. "La vie est magique" comme j’aime le dire et ce que j’ai vécu en témoigne.
- Sur le moment même en cette soirée de 2022 où ce souvenir traumatique est revenu, j’étais en travail d’introspection, seule chez moi. Lors de cette "crise inopinée", j’ai pu appeler un membre de ma famille qui est soignant. Il a pu me rassurer et m’aider à traverser ça par téléphone pendant plus de 2 heures non stop. Il était minuit passé ! C'est juste une dinguerie que cette personne réponde au téléphone. J’ai aussi appelé le SAMU qui est venu vers 3 heures du matin pour vérifier mes jambes qui avaient montré des signes qui m'avaient fait peur. Oui, ce fut aussi une nuit presque blanche ^^
- Le lendemain, j’ai passé des examens à l’hôpital afin d’évaluer si je n’avais pas eu un autre souci que ce souvenir qui est remonté de manière brutale. Ils avaient notamment besoin d’écarter un lien avec la phlébite ou la thrombose, je ne sais plus trop, parce que mes jambes avaient gonflé avec des rougeurs qui étaient apparues durant « la crise ».
- Une semaine plus tard, je rencontre la maman d’une amie qui m’indique qu’elle a vécu une expérience très similaire à la mienne alors qu’elle avait 42 ans. Quel réconfort de pouvoir échanger avec elle, de partager nos maux et de mettre des mots, de se sentir comprises, reconnues. On s’est même recommandé de lire certains livres et on a parlé d’enfant intérieur, de résilience, de bien-être possible et d’identité, de pardon, etc. Une rencontre merveilleuse pour laquelle je ressens beaucoup de gratitude.

- J'ai aussi pu en parler à mes amis et amies, à mes proches. Tout le monde n'a pas réagit comme je l'aurai souhaité, mais avec certains ce fut des échanges tellement précieux. Je n'étais pas en mode victime, mais plus en mode : " purée je viens de découvrir ceci et je m'interroge sur certaines de mes attitudes." J'ai demandé comme pardon à certaines personnes parce que je sais qu'à certains moments j'avais vécu des formes de malentendus ou de jugements. Alors, en mettant en lumière ce trauma c'est comme si je pouvais enfin expliquer certaines situations bancales que par le passé je ne pouvais pas rationnaliser et qui me dépassaient.
- J'avais aussi rencontré un homme, un ancien amoureux, qui a pu me soutenir dans mon cheminement. Il m'a soutenu plus tard parce qu'au moment de la découverte de ce trauma on était distancé et sans contact. Lui aussi a vécu des traumatismes dans sa vie et c'est merveilleux de pouvoir parler de nos vulnérabilités sans peur de jugement, sans victimisation non plus, juste en tant qu'humains qui sont capables de se relever et d'apprécier encore et encore la Vie malgré ses aléas.
Pour la confidence, j'aurai tellement aimé que cet ancien amoureux soit présent à mes côtés durant cette épreuve, ce soir de 2022. Avec du recul, d'avoir surmonté cela sans lui, d'avoir pu passer 3 jours avec moi-même et non pas dans ses bras, ça m'a clairement fait gagner en maturité, en autonomie et en meilleure connaissance et acceptation. Aujourd'hui, je perçois la puissance de l'introspection et de ces prises de recul ou de hauteur à aussi effectuer en solitaire plutôt que de se laisser "parasiter" par la vision des autres. Vision qui n'est pas toujours la meilleure pour soi-même bien que bienveillante...
Comme si des zones un peu troubles et troublantes de ma vie et de mes relations s'éclaircissaient, faisaient sens, résonnaient avec plus de justesse.

Un nouveau traumatisme que de révéler une telle amnésie ?
Ce genre de révélation d’un souvenir caché, d’un abus sexuel caché qui refait paniquer peut aussi nous re-traumatiser. J’estime aujourd’hui, avoir vécu une forme de second traumatisme ce jour-là, en 2022. En conséquence, j’ai eu peur de mes émotions, d’une telle panique qui déstabilise qui pouvait revenir à tout moment, j’ai eu des sursauts de peur quand on frappait à la porte ou quand mon téléphone sonnait. Sans oublier, le souvenir de mon corps avec notamment mes jambes qui gonflaient et qui ont tremblé si fort que j’ai cru que j’allais mourir…
Ouf ! Je suis toujours là et clairement, notre corps est vraiment incroyable pour se défendre et nous préserver au mieux. D’ailleurs, la dissociation que j’ai dû vivre enfant alors que se déroulait un tel événement atroce m’a clairement maintenue en vie. Des études abordent de tels sujets et la clé pour me retrouver est aussi passée par le sentir, le ressentir, le "revenir habiter ce corps".
Douceur et patience furent les mots-clés qui m'ont le plus accompagné après avoir aussi libéré un sentiment de honte.

La reconstruction bien accompagnée
De cette découverte que je faisais partie des #metoo, j’ai pu faire différents liens en introspection et aussi creuser avec un psychologue et un coach de vie pour retrouver une forme d’identité et de réassurance. Mon but était d’ancrer cette identité plus complète de « qui je suis vraiment » ; cette identité finalement simplement plus consciente, parce qu’au fond, ce trauma a toujours été en moi, fait partie de moi. Il était simplement plus visible par rapport à ce qu’exprimait mon corps que concret dans ma tête, dans mon mental ou mon esprit.
Oui, j’ai été victime d’un abus enfant, autour de 3 ans. Non, ça ne fait pas de moi une personne qui cultive une identité de victime et ni de guerrière trop forte d’ailleurs. J’ai simplement appris à mieux accepter mes vulnérabilités, à mieux les comprendre, à devenir plus humaine que cette femme à l’identité trop forte et trop indépendante qui s’était construite au fil de l’eau.
Désormais, je me sens vivante avec des peurs et des fragilités assumées tout autant que des forces et de l’audace qui peuvent aussi déranger. J’ai fait la paix avec ce passé qui a été tout autant atroce et déstabilisant que créateur d’avantages. Tout, je dis bien tout, a selon moi son lot d’avantages et d’inconvénients, et même le pire sur cette Terre de la dualité. Adhérer à un tel changement de perception, et même de paradigme m’a aidé et m’aide encore.
Mes bases pour me sentir mieux après ce traumatisme
Se faire accompagner, s’introspecter, s’écouter (pas que dans sa tête, mais en se connectant au mieux à son corps, à nos ressentis) et avoir un environnement extérieur propice à se reconstruire, c’est selon moi ultra important. C'est pour moi les bases solides pour se sentir mieux après un traumatisme ou avec un SPT Stress Post Traumatique. Grâce à divers accompagnements et des pratiques complémentaires dont même le grand soutien d’une énergéticienne investie dans l’humain (depuis même avant ma naissance) j'ai chéminé sereinement et toutes ces approches possibles m’ont beaucoup aidé. Des proches ont aussi été des clés de mieux-être grâce à leur ouverture, leur compassion, leur écoute, leur présence et leur patience aussi ! D’autres proches ont été plus décevants quand j’ai annoncé ce que j’avais vécu enfant. C’est ainsi.
Il convient d’accepter aussi que ça puisse prendre du temps à se sentir mieux. Par exemple, parfois, mes émotions peuvent encore sembler me dépasser ou me faire peur. J’accepte et je sais que petit à petit, je trouve des clés pour me sentir bien et surtout pour oser suivre certaines ambitions : oser être moi !

Explorer et trouver des ressources depuis soi-même
Je dirai même que j’ai créé mes propres clés ou ressources à partir de celles qui m’ont été transmises. J’entends par là que je n’ai rien inventé, mais j’ai pu personnaliser. Se réapproprier les enseignements extérieurs me semble intéressant et enrichissant parce que nous restons tous et toutes singuliers. Parfois, il s’agit juste de certains détails qui varient pour que la clé marche pour moi aussi. Je ne prône pas la recette miracle ou l'approche unique comme celle d’un psychologue ou d’un psychiatre qui signifierait "guérir de ses traumas". Non, pour moi ce chemin est fait de multiples itinéraires complémentaires. C’est aussi dans la danse, le chant, le mouvement, la créativité et la reconnexion à mon intuition que j’ai trouvé plus d'équilibre au quoditien. Un équilibre qui peut se déséquilibrer ou tanguer au gré de mes évolutions, mais dont certaines ressources restent ancrées, précieuses et résolument à cultiver !
Mon souhait pour vous qui me lisez
Je souhaite à chacun et chacune de trouver sa propre recette du mieux-être. Votre recette pour parvenir à retrouver de l’apaisement même quand la vie est dure, difficile voire même que des épreuves peuvent vous sembler insurmontables. Oui, c’est possible de vivre suffisamment bien cette vie faite de hauts et de bas. Ici pas de déni, juste l'acceptation qu'on ne contrôle pas chacun de nos pas mais qu'on a des ressources en soi ou dans son environnement pour rebondir et retrouver le sourire.
Partage anonyme depuis le cœur,
___________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________
Envie de partager votre histoire ?
Vous avez envie de partager votre histoire de mieux-être avec notre audience ? Contactez-nous pour une présentation à l'adresse e-mail : lagalvane.asso@gmail.com
Nous prendrons ensuite rendez-vous avec vous pour un échange. Ensuite, vous pourrez rédiger un texte et nous le transmettre afin qu’il soit publié dans le respect de notre calendrier éditorial ou nous pouvons opter pour une interview téléphonique ou en visioconférence avec retranscription. Enfin, nous vous rappelons que vos « partages de vécus » peuvent être publiés de manière anonyme en utilisant un prénom différent du vôtre.
Précision sur nos disponibilités :
Nous avons établi une permanence LES MERCREDIS pour gérer l’association 1901 La Galvane. Nos membres étant tous bénévoles et en activité professionnelle, nous avons fait le choix de nous investir seulement un jour par semaine pour l’instant pour développer l’asso. Une forme de « Slowlifestyle » mouvement, et aussi plus respectueux de notre bien-être mental et global. De quoi éviter de répéter l’adage « le cordonnier le plus mal chaussé » … Nous prendrons alors le temps de vous lirons et de vous répondre les mercredis
Merci et à très vite,
L’équipe de l’association La Galvane
Depuis le département du Gers où il fait mieux vivre plus au ralenti,
Crédits photos : Pexels
- Photo de Kenneth Surillo: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/femme-etre-assis-debout-fenetres-21926885/
- Photo de Marcel Biegger: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/personne-individu-femme-fache-6779242/
- Photo de Gabriela Cheloni: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/photo-en-niveaux-de-gris-d-une-femme-portant-une-chemise-noire-a-manches-longues-qui-crie-4421308/
- Photo de Meruyert Gonullu: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/jeune-frustration-enfant-deprime-6034062/
- Photo de Alina Matveycheva: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/mode-femme-etre-assis-jeune-18747207/
- Photo de Javid Hashimov: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/verre-gouttes-de-pluie-fenetres-mouille-18452328/